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Pourquoi apprendre plusieurs distances de combat aux enfants ?

Instructeur H Balance démontrant une situation de corps à corps devant un groupe d’enfants en cours de Kung Fu Kids à Strasbourg.

Quand un parent inscrit son enfant à un cours d’arts martiaux, il peut naturellement s’attendre à voir surtout des déplacements, des frappes, des exercices techniques ou des enchaînements.

Il peut donc être surpris de voir aussi les enfants travailler au contact, chercher à déséquilibrer un partenaire ou apprendre à se déplacer et se relever au sol.

Une question légitime se pose alors :

pourquoi apprendre autant de situations différentes à un enfant ?

Chez H Balance Kung Fu Kids, nous ne cherchons pas à multiplier les techniques ni à transformer les enfants en spécialistes de plusieurs disciplines.

Nous cherchons à leur donner des repères simples dans différentes situations.

Car une interaction physique peut évoluer très vite.

Un enfant peut d’abord avoir de l’espace devant lui.

Puis l’autre se rapproche.

Il peut être saisi.

Perdre son équilibre.

Tomber.

Et à chaque étape, le problème change.

Ce qui fonctionne à distance ne fonctionne plus forcément au corps à corps. Et ce qui est utile debout ne suffit plus une fois au sol.

C’est pourquoi, dans le programme H Balance Kung Fu Kids, les enfants découvrent progressivement plusieurs distances : à distance, au contact, au corps à corps et au sol.

L’objectif est de leur apprendre une idée fondamentale :

comprendre la situation avant de choisir comment agir.

Une distance différente crée un problème différent

Imaginez deux enfants placés à deux mètres l’un de l’autre.

À cette distance, les premières questions sont :

Comment se déplacer ?

Comment entrer ou sortir ?

Comment protéger son espace ?

Comment observer l’autre ?

Comment éviter de rester immobile ?

Maintenant, rapprochons-les.

L’un saisit les bras ou le vêtement de l’autre.

Le problème change complètement.

Il devient moins important de savoir effectuer un beau déplacement à distance. Il faut maintenant comprendre les appuis, l’équilibre, le contact, les poussées, les tractions et la position du corps.

Puis les deux enfants perdent l’équilibre et arrivent au sol.

Une nouvelle fois, les repères changent.

Se déplacer avec les pieds comme quelques secondes auparavant n’est plus possible. Il faut utiliser autrement les jambes, les bras, le bassin et le sol lui-même.

C’est précisément cette variété qui nous intéresse.

Chaque distance oblige l’enfant à résoudre un problème moteur et martial différent.

À distance : apprendre d’abord à voir et à bouger

À distance, un enfant dispose encore d’espace.

C’est un environnement particulièrement intéressant pour apprendre à observer.

Est-ce que mon partenaire avance ?

Recule ?

Change de direction ?

Suis-je trop près ?

Trop loin ?

Puis-je me déplacer plutôt que rester devant lui ?

Les exercices peuvent être très simples : atteindre une cible, toucher une zone sans être touché, protéger un espace ou conserver une certaine distance avec un partenaire.

Derrière ces jeux apparaissent progressivement plusieurs notions fondamentales :

  • la distance ;
  • les déplacements ;
  • les angles ;
  • le rythme ;
  • le moment où agir ;
  • la protection ;
  • l’observation de l’autre.

L'enfant découvre surtout quelque chose d'important : il n'est pas obligé d'attendre que l'autre arrive sur lui pour commencer à agir.

Bouger et se positionner font déjà partie du travail martial.

Lorsque le contact arrive, la logique change

Dès que deux enfants entrent en contact, certaines qualités qui fonctionnaient à distance deviennent insuffisantes.

Il faut maintenant apprendre à utiliser son corps autrement.

Comment rester stable lorsqu’on me pousse ?

Que se passe-t-il si je tire très fort alors que l’autre change brusquement de direction ?

Puis-je utiliser un angle plutôt que lutter uniquement avec ma force ?

Où placer mes pieds pour ne pas perdre facilement mon équilibre ?

Le corps à corps est particulièrement intéressant chez l’enfant parce qu’il donne un retour immédiat.

Il n’est plus possible de faire semblant d’être stable : le partenaire le fait sentir.

Un exercice aussi simple que pousser ou tirer dans un cadre précis permet déjà d’explorer la posture, les appuis et la manière de doser son effort.

L’enfant découvre progressivement que être plus fort ne constitue pas toujours la meilleure solution.

Parfois, déplacer son corps, changer son angle ou attendre le bon moment fonctionne mieux que résister de toutes ses forces.

Déséquilibrer… et apprendre soi-même à ne pas tomber

Le travail de déséquilibre n’est pas seulement intéressant parce qu’il permet d’agir sur un partenaire.

Il oblige également l’enfant à mieux comprendre son propre équilibre.

Lorsqu’il cherche à déplacer quelqu’un, il peut découvrir qu’une mauvaise position le rend lui-même vulnérable.

Lorsqu’il pousse trop loin, il perd ses appuis.

Lorsqu’il tire sans se déplacer, il peut être entraîné avec l’autre.

L’apprentissage devient alors réciproque :

comment modifier l’équilibre de l’autre sans perdre le mien ?

Cette question paraît simple, mais elle contient déjà beaucoup de matière.

Placement des pieds.

Orientation du corps.

Direction de la force.

Timing.

Adaptation à la réaction du partenaire.

Nous ne cherchons pas à expliquer ces notions aux enfants avec un vocabulaire compliqué.

Ils peuvent d’abord les ressentir, puis progressivement apprendre à les comprendre.

Pourquoi travailler aussi au sol ?

Certains parents peuvent se demander pourquoi un cours de Kung Fu comprend du travail au sol.

La réponse est très concrète : un enfant peut tomber.

Pendant un jeu.

Dans un sport.

À la récréation.

Ou au cours d’une confrontation.

Se retrouver au sol modifie complètement la manière dont le corps fonctionne.

L’enfant doit apprendre à ne pas rester figé, à s’orienter, à créer de l’espace, à utiliser ses jambes et ses appuis différemment et, surtout, à retrouver progressivement une position debout.

Le but n’est pas nécessairement de transformer le sol en un long combat.

Dans notre programme, une question importante est au contraire :

comment retrouver une situation dans laquelle je peux me relever et bouger à nouveau ?

Cela rejoint directement notre conception du programme : les différentes distances ne sont pas étudiées comme des disciplines séparées, mais comme des situations que l’enfant doit apprendre à reconnaître.

Le plus intéressant se trouve parfois entre deux distances

On peut apprendre une technique debout.

Puis une technique au corps à corps.

Puis un exercice au sol.

Mais dans une situation vivante, personne ne prévient :

« Attention, maintenant nous passons à la partie grappling. »

Les choses évoluent progressivement.

Un enfant avance.

L’autre recule.

Ils se rapprochent.

Une saisie apparaît.

Quelqu’un perd l’équilibre.

Ils arrivent au sol.

C’est pourquoi les transitions sont particulièrement intéressantes.

Comment réagir lorsqu’un exercice à distance devient soudainement un exercice de contact ?

Que faire lorsque je perds l’équilibre ?

Comment passer du sol à la position debout ?

Comment retrouver une distance après avoir été attrapé ?

L’enfant comprend alors que les catégories apprises pendant le cours ne sont pas des boîtes complètement séparées.

Elles communiquent entre elles.

Et cette capacité à passer d’un problème à un autre développe quelque chose qui nous semble essentiel : l’adaptation.

Il ne s’agit pas d’apprendre le plus de techniques possible

Travailler plusieurs distances pourrait facilement devenir un catalogue.

Une technique debout.

Puis dix saisies.

Puis cinq projections.

Puis des dizaines de mouvements au sol.

Ce n’est pas notre objectif.

Chez un enfant, nous préférons construire des repères simples.

À distance :

bouger, observer, protéger son espace.

Au contact :

rester organisé, contrôler son équilibre, comprendre les forces.

Au corps à corps :

se placer, contrôler, déséquilibrer sans perdre sa propre stabilité.

Au sol :

s’orienter, se protéger, créer de l’espace et retrouver la position debout.

À partir de ces bases, les techniques prennent davantage de sens.

L’enfant ne mémorise pas simplement une réponse parce que l’enseignant lui a dit de la faire.

Il commence progressivement à comprendre quel problème cette réponse est censée résoudre.

Pourquoi ne pas choisir simplement une seule spécialité ?

Il n’y aurait rien de mauvais à choisir une discipline spécialisée.

Le Judo, par exemple, possède un immense travail autour du déséquilibre et des projections. Le Jiu-Jitsu Brésilien développe très profondément le corps à corps et le sol. Les disciplines de percussion développent particulièrement le déplacement, la distance et les frappes.

Chaque discipline possède sa richesse propre.

H Balance Kung Fu Kids poursuit simplement un autre objectif.

Nous souhaitons donner à l’enfant une culture martiale suffisamment large pour qu’il ne soit complètement perdu dans aucune des grandes situations de base.

Il ne deviendra pas spécialiste de chaque domaine.

Ce n’est pas nécessaire.

Mais il saura progressivement reconnaître :

« Ici j’ai de l’espace. »

« Maintenant je suis au contact. »

« Je perds mon équilibre. »

« Je suis tombé. »

« Je dois retrouver mes pieds. »

Cette compréhension générale constitue pour nous une base particulièrement intéressante avant toute spécialisation éventuelle.

Le travail n’est évidemment pas le même entre 5 et 10 ans et entre 10 et 14 ans

Chez H Balance Kung Fu Kids, les enfants sont répartis en deux groupes : 5–10 ans et 10–14 ans.

Les principes peuvent être similaires, mais la manière de les enseigner évolue.

Avec les plus jeunes, beaucoup de notions passent naturellement par des jeux.

Un jeu pour conserver une distance.

Un défi pour rester en équilibre.

Une situation simple de poussée ou de traction.

Un déplacement au sol.

Une consigne pour se relever rapidement.

L’enfant apprend souvent avant même de connaître le nom du principe qu’il est en train de travailler.

Chez les plus grands, nous pouvons progressivement aller plus loin.

Pourquoi cette position fonctionne-t-elle mieux ?

Comment passer d’une distance à une autre ?

Quelle solution choisir face à telle réaction ?

Que se passe-t-il lorsque le partenaire oppose davantage de résistance ?

L’apprentissage devient progressivement plus technique et plus conscient, sans perdre la dimension d’expérimentation.

Plusieurs distances, mais un même enfant

L’intérêt profond de ce travail n’est finalement pas de pouvoir dire que nous faisons « un peu de tout ».

C’est même exactement ce que nous voulons éviter.

Nous cherchons plutôt à confronter l’enfant à plusieurs types de problèmes afin qu’il apprenne progressivement à modifier sa manière d’utiliser son corps selon la situation.

À distance, il développe le déplacement et l’observation.

Au contact, il découvre les forces et les appuis.

Dans le corps à corps, il travaille équilibre, contrôle et adaptation.

Au sol, il doit reconstruire complètement ses repères.

Et entre toutes ces situations, il apprend à changer.

C’est cette capacité à changer qui relie l’ensemble.

Construire une compréhension plutôt qu’une collection de mouvements

Dans notre article consacré plus largement au développement des enfants par le Kung Fu, nous expliquions que la pratique martiale ne se limite pas à l’apprentissage technique.

Le travail des différentes distances en est un bon exemple.

L’objectif n’est pas que l’enfant puisse réciter vingt réponses différentes.

Nous voulons qu’il commence progressivement à reconnaître ce qu’il se passe :

Quelle distance ? Quel problème ? Quelles possibilités ?

Cette approche rejoint également une autre dimension du programme : apprendre à distinguer les situations et à utiliser ses capacités de manière adaptée. Nous avons développé cette question plus spécifiquement dans notre article sur l’usage de la force chez l’enfant.

Le travail martial devient alors beaucoup plus qu’une répétition de techniques.

Il devient une manière d’apprendre à observer, comprendre, décider et s’adapter avec son corps.

C’est cette progression que nous cherchons à construire dans H Balance Kung Fu Kids à Strasbourg, avec des exercices adaptés aux groupes de 5–10 ans et de 10–14 ans.